January 07, 2008

Pave: «Dominique, soyez gentil»

Le jour 237 de Sarko

Dominique, soyez gentil. Je sais que ce n'est pas votre qualité principale mais je vous le dis par affection personnelle : écoutez-les, ne dites rien, soyez gentil.

[Dom, be nice. I know it's not your strong point but I say it from the heart: listen to them, say nothing, be nice.]

Then-Jack,
counseling his protégé, La Mouette,
before CPE talks with French unions
(infra)

Bruno Le Maire, the former cabinet chief of Dom "La Mouette" Villepin and current deputy to the first constituency of Eure, has written a tell-all book, Des hommes d'état. You cannot buy it yet but the newspapers are scissoring choice bits rom the advance copies (see post below).

« CE QUI M'INQUIÈTE DANS VOTRE TRUC, C'EST LA TUYAUTERIE »
Avec l'affaire Clearstream,* la crise du CPE** fut
un des sommets de la tension entre Villepin et Sarkozy.

["WHAT WORRIES ME ABOUT YOUR GIMMICK IS THE PLUMBING"]
Along with Clearstream,* The CPE Crisis** Was
One Of The Top Tensions Between Dom And Sarko.

[An English translation follows the article below.]

2 janvier 2008 (Figaro) - Conduite et perdue entre le 16 janvier et le 10 avril 2006, la bataille du CPE aura été le Waterloo de Dominique de Villepin. Derrière, l'affaire Clearstream aura achevé de ruiner les espoirs du premier ministre. Mais c'est sans aucun doute sur le contrat première embauche que Villepin aura perdu son duel face à Sarkozy.

Dans le livre de Bruno Le Maire, on mesure mieux le pari qu'a fait Villepin. Un pari qui a frôlé l'amateurisme. Et pourtant, l'ex-locataire de Matignon a été averti. Chirac, d'abord, qui le prévient le 8 janvier :

Moi, ce qui m'inquiète dans votre truc, c'est la tuyauterie. Je peux vous l'assurer, pas un Français ne comprendra (…). Je vous dis que vous faites ce que vous voulez, mais vous faites une connerie.

Ses ministres Borloo*** et Larcher† ensuite. Tous deux émettent à la veille de l'annonce de sérieuses réserves. «Le plan emploi, je dis très bien. Le contrat pour les jeunes, je dis danger. On va trop vite», s'inquiète le ministre des Affaires sociales. Au fond, seul Sarkozy ne le décourage pas. Villepin, lui, fonce : «Vous me foutez tout ce qui est intelligent, tout ce qui est révolutionnaire sur la table», ordonne-t-il à Le Maire.

Alors que les cortèges de manifestants grossissent, le premier ministre commence à perdre pied dans les sondages. Il soupçonne surtout Sarkozy de lui savonner la planche. «Il ne faut pas vous tromper, Dominique, vous êtes seul. Même le président, il n'attend qu'une chose, c'est que vous vous gaufriez», lui répond Sarkozy lors d'un tête-à-tête houleux.

Pourtant, Chirac soutient mordicus son premier ministre tout en lui prodiguant en vain quelques conseils, comme ce 23 mars avant une rencontre avec les syndicats : «Dominique, soyez gentil. Je sais que ce n'est pas votre qualité principale mais je vous le dis par affection personnelle : écoutez-les, ne dites rien, soyez gentil.» Cela ne suffira pas. Le 31 mars, Villepin déjeune avec ses collaborateurs. Il sait qu'il va devoir retirer son CPE :

Dans le fond, je suis né cinquante ans trop tard. Je n'aurais jamais dû faire ce métier.

Le 7 avril, Chirac supplie son premier ministre :

Je veux vous dire une chose : arrêtez de vous occuper de Nicolas Sarkozy.

[Driven and confused between January 16 and April 10, 2006, the battle of the CPE [contrat première embauche] will be the Waterloo of Dominique de Villepin. Later, the Clearstream business will complete ruining the hopes of the Prime Minister. But it is without a doubt on the first employment contract that Villepin will lose his face-off with Sarkozy.

In Bruno Le Maire's book, one better asseses the gamble that Villepin made. A gamble that came very close to amateurism. And yet, Matignon's ex-tenant was warned. First, Chirac cautions him on January 8:

For me, what worries me about your gimmick is the plumbing. I can guarantee you, not one Frenchie will understand (...). I say do as you like, but you make a mess.

Next his ministers Borloo*** and Larcher.† The day before the announcement both express serious reservations. "The employment plan, I say fine. The contract for the young, I say danger. It's too sudden", worries the Social Affairs minister {scil., Borloo}. Essentially, only Sarkozy does not discourage him. Villepin, himself gloomy: "You damn well put everything that's intelligent, everything that's revolutionary on the table", he orders Le Maire.

While the streams of demonstrators grow bigger, the Prime Minister starts to slip in the polls. He especially suspects Sarkozy of "soaping the board" on him. During a stormy private conversation, Sarkozy answers him: "Don't fool yourself, Domenique, you are alone. Even the president waits for just one thing -- that you cave."

However, Chirac obstinately supports his Prime Minister all the while lavishing in vain some counsels, as on 23 March before a meeting with the trade unions: "I know it's not your strong point but I say it from the heart: listen to them, say nothing, be nice." That will not be enough. March 31, Villepin lunches with his confederates. He knows that he will have to withdraw his CPE:

Basically, I am born fifty years too late. I should never have made this a career.

April 7, Chirac begs his Prime Minister:

I want to tell you something: stop obsessing on Nicolas Sarkozy.]

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* For other Clearstream posts see our posts here, here, here, here, here, here, here, here, here, and here.

** For more on the CPE crisis see here, here, here, here, here, here, here, here, here, here, and here.

*** Jean-Louis Borloo, Ministre de l'Emploi, de la Cohésion sociale et du Logement.

Gérard Larcher, Ministre délégué à l'Emploi, au Travail et à l'Insertion professionnelle des jeunes.

PFFT (What is this?): Be nice 0 | Bad career choice 5 | Rayonnement français 0

Posted by Damian at January 7, 2008 06:00 AM
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